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London
UK

Ashlee Conery is a contemporary art curator living in London. Originally from Vancouver she has worked with Austrian, Canadian, French and Hungarian artists producing exhibitions in large and small galleries, institutions and off-spaces.

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ENCLAVE . NUIT BLANCHE . PARIS 04.10.14

Artists: Sarah Derat, Sarah Feuillas, TremensS (Paris)

<English Below>

ENCLAVE définit une zone géographique - entourée ou à l’intérieur - d’un territoire plus vaste et dont les habitants s’en distinguent culturellement ou ethniquement. Il s'agit d'un lieu défini, caractérisé par sa capacité à transformer pour mieux singulariser. Une galerie, un atelier, un monastère ou une cellule de prison évoquent tour à tour certaines fonctions, aversions et attentes. Pour autant, ce sont nos limites qui nous préoccupent davantage, nous poussant à redéfinir sans cesse les frontières territoriales, économiques, religieuses et physiques.

Les espaces que dévoilent les œuvres de Sarah Derat et Sarah Feuillas touchent principalement à l’humain. L’une aborde les espaces dans lesquels les hommes sont contraints de vivre, l’autre des lieux révélateurs d'un désir d'appartenance communautaire. Travaillant l’acier, Sarah Derat matérialise le vide restant de cellules - une fois meublées - de condamnés à mort aux États-Unis; chaque sculpture porte le prénom d’un détenu, qui a séjourné ou est encore présent dans le couloir de la mort. Cette série se compose de “Jesse” et “Cameron”. Ces pièces concrétisent à la fois la réalité du détenu et un système de contrôle.

Au cours de la dernière décennie, le système judiciaire américain s’est confronté notamment au scrutin sur les droits des condamnés à mort. Dans les quelques états où la peine de mort persiste, le gouvernement agit avec une surprenante liberté dans des limites floues. Une étude récente a montré (analyse par inter-évaluation publiée par The National Academy of the Sciences of the United States) que 4% des 3.000 prisonniers attendant d'être mis à mort sont innocents. Ce fait remet en question la validité de la peine capitale qui a été abolie dans 140 pays et 18 États américains dès 1846. Depuis plusieurs années, les travaux de Sarah Derat ont porté sur la réalité quotidienne des détenus condamnés à mort et la représentation des criminels et des actes criminels. Ses recherches en ligne ont produit des schémas de cellules de prisons fédérales standard, téléchargés par le Department of Corrections de tous les états. On y trouve également des lettres et des dessins de détenus qui ont soigneusement calculé à la main chaque centimètre carré de la cellule qu’ils occupent 23 heures par jour. À titre d'exemple, le système pénitencier conçoit à l'échelle fédérale des espaces de réclusion corrélant avec la gravité des crimes commis. Le gouvernement définit ses lois par des mètres carré, poussant les détenus à se redéfinir par ces mesures spatiales. Cette détermination de l’espace par le gouvernement et sa redétermination par l'occupant, est indicative du pouvoir qu’a l’espace d’affecter notre identité au sein de la société et en nous-même.

Autrefois une surface plane, la terre est maintenant couverte en masse de divisions spatiales soigneusement construites qui définissent statut, divinité et sécurité. Souvent, dans les régions extrêmes, des communautés persistent à rester malgré tous les obstacles, pour des raisons inimaginables pour ceux de l'extérieur. Feuillas utilise la transparence du verre (soufflé) pour rendre visible le lien entre géolocalisation et identité. “Babel” réinterprète la forme de la ville de Har'Homa, West Bank (territoire palestinien occupé), en réduisant son profil à une forme géométrique à partir de laquelle elle a construit un moule modulaire en bois. Du verre a été coulé dans le moule dont les parties modulaires ont été sans cesse décalées par un mouvement continuel pendant le processus. Celui-ci a carbonisé le moule, tout en révélant un négatif en verre transparent. Le verre est épais et lourd, il ne brise pas facilement, mais reste fragile. Les deux éléments qui sont exposés côte à côte reflètent la réalité du lieu qui les a inspirés. Leur structure est vulnérable, elle vacille dans un déséquilibre social.

Pour Nuit Blanche Feuillas présentera également des photos qu'elle a prises de Gush Etzion, en Cisjordanie (une colonie israélienne) et de Silwan, à Jérusalem-Est. Les œuvres proviennent d'une série intitulée Casus Belli (2014) latin pour une «rupture qui provoque la guerre». Ces espaces sont les maisons protégées des communautés et contrastent avec ceux matérialisés par Derat, comme un passage de la lumière vers l'obscurité.

Leurs pratiques se rencontrent autour du postulat selon lequel nous établirions des frontières afin de définir notre place, tant dans la société, que dans notre esprit. Le Ministère des Services Correctionnels de chaque État Américain conçoit la superficie des espaces en corrélation avec les crimes commis. Cette action définit les lois américaines en pieds carrés et les détenus se redéfinissent eux-mêmes par ces dimensions. Dans les villes du monde entier et dans toutes les cultures, chacun d'entre nous possède son propre "habitat". Nous déposons nos fondations, élevons des murs et nous protégeons le petit espace qui nous appartient ; puisqu'il est en définitive l'image de notre auto-détermination, de notre histoire et de notre raison d’être. Les oeuvres de Sarah Derat et Sarah Feuillas décomposent et reconstruisent ces espaces afin de mieux voir ceux qui y vivent; elles mettent toutes deux en exergue les limites que nous créons (de toutes pièces).

La dernière limite visible explorée par cette exposition est la lumière. La lumière est aussi apte à définir un espace que le feraient des parois d'acier. Il nous guide à la maison et inspire notre désir d'escalader des montagnes, d'habiter un penthouse ou de se tenir à côté d'une fenêtre. Sur la scène ou dans la galerie d’art, la lumière attire notre attention, met en valeur et peut incarner un salut. TremensS a créé une installation lumière qui projettera des faisceaux par-delà le Parc de Bécon. “ArMen”, en hommage au phare Breton surnommé « l’Enfer des Enfers » par ses gardiens, interpellera les habitants de Courbevoie et de Paris pour venir à la rencontre de cette enclave historique.

[English]

ENCLAVE is a portion of territory within or surrounded by a larger territory whose inhabitants are culturally or ethnically distinct. It is a place or group that is different in character from those surrounding it. It is a space, defined, augmented, and imbued with the power to transform and identify. A gallery, a studio, a monastery or a prison cell, each recalls certain pretensions, aversions and expectations. Yet on mass what concerns us most is our limitations. Defining constantly the edge of our national, economic, religious and physical borders.

The spaces materialized through the works of Sarah Derat and Sarah Feuillas are about people not politics. One, a space people are forced into and the other, a space people desire to belong to. In steel, Derat materializes the remaining space (after furniture) inhabited by death row inmates in the United States and each she has named after an inmate, past or present. The series now includes’ Jesse and Cameron. These works materialize both the reality of an inmate and a system of control.

Over the last decade Capital punishment has faced particular scrutiny with regards to the rights of inmates on death row. In America, the judicial system acts with surprising freedom, within the fluid limitations outlined in states where the death penalty survives. A recent study (of peer-reviewed analysis published by the Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States, 1973-2004) showed that 4% of the 3,000 prisoners waiting to be put to death are in fact innocent. This fact calls into question the validity of capital punishment which has been abolished in 140 countries_ and 18 American states from as early as 1846. Sarah Derat has for several years focused her work on the everyday reality of death row inmates and the portrayal of criminals and criminal acts. Her research online has produced schematics of standard federal prison cells, freely uploaded by almost every state Department of Corrections in America. As well as letters and drawings by inmates who have carefully calculated by hand every square inch of their cell during the 23 hours per day they occupy it. These schematics exemplify the government’s definition of their laws in square footage and inmates redefine themselves with these same dimensions. This determination and re-determination of space is indicative of the power space has on informing ones identity within society and within oneself.

Once a flat plane, the earth is now covered in clusters of carefully constructed divisions of space that define status, divinity and security. Even in extreme conditions, communities endure despite all odds for reasons un-imaginable to those outside. Feuillas uses glass to give transparency to the human equation of place with identity. Babel re-interprets the shape of Har’Homa, West Bank (in occupied Palestinian territory), by reducing its profile to a geometric form from which she constructed a wooden modular mold. Within the mold a glass sculpture was expanded and impressed upon, as the modular sides were continually shifted. The process charred the mold to black ash, while revealing the transparent glass negative. It is thick and heavy, not easily broken, but fragile nonetheless. The two sculptures, which are exhibited side by side, reflect the reality of the place that inspired them. Their structure is vulnerable, conceived in volatile circumstances.

For Nuit Blanche Feuillas pairs these works with photographs she took of Gush Etzion, West Bank (an Israeli settlement) and Silwan, in East-Jerusalem. The works come from a series entitled Casus Belli(2014)latin for a ‘rupture that provokes war’.These images show protectedhomes and communities that contrast the spaces materialized by Derat, like light to dark.

Where the work of Derat and Feuillas transects is with this basic human equation, in which we define the borders of our residence in order to define ourselves within society and within our own minds. In towns all over the world, in all cultures, people live in homes. We plant roots, we put up walls and we protect what little space we have; for that space defines our self-determination, our history and our purpose. Derat and Feuillas break down and reconstruct these dwellings in order to see clearer their inhabitants and together their work reflects on the limitations created by people.

The last visible indication of human distinction between inside and outside is light. Light is as capable of defining a space as steel walls. It guides us home and inspires our desire to rest on mountaintops, in pent-houses or simply next to a window. On the stage or in the gallery, light calls our attention, indicates importance and embodies salvation. A light installation by TremensS entitled “ArMen” pays homage to the lighthouse Breton, named “hell of hells” by its guardians. It will transform Pavillon des Indes into a lighthouse by casting beams of white light across Le Parc de Bécon, calling the inhabitants of Courbevoie and Paris to this enclave of local and international history. 

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